Félicitations à Romain Hude qui se classe 16e du trail de Trégastel en Bretagne.
Le CR de Romain :  » Le dimanche 3 mars 2019. Tout a commencé par une discussion avec mon tonton Michel lors du mariage de son fils, en septembre dernier.
« Alors Romain, comment ça se fait que tu n’es jamais venu nous voir en Bretagne !?! »
Moi : « Heu… (Ho tu sais, moi la Bretagne…) »
« Ça fait quand même plus de 10 ans qu’on s’est installé là-bas »
« 10 ans déjà ! (Ca peut sans doute attendre encore quelques années, alors.) »
« Tu sais, on est dans les Côtes d’Armor »
« Ah oui ? (Tant qu’à faire 600 bornes je préfère aller dans le sud) »
« Trégastel, la côte de granit rose. C’est splendide ! »
« (Ouais, faut déjà aimer le rose.) »
« Tu cours un peu je crois. Tu sais que je suis le président du club de course à pied local. »
« Ah oui ? Cool ! (Les séances doivent être annulées 9 fois sur 10 pour cause météo, ça doit pas trop l’occuper.) »
« Et tous les ans on organise un trail : 14km le long de la mer. »
« 14km c’est bien ça, pas trop long. (14 bornes sur le plat ça s’appelle encore un trail ?) »
« Ça se déroule tous les ans début mars. »
« (Début mars ! J’espère qu’ils distribuent des combinaisons de survie au départ !) »
« Ça tombe pendant les vacances. Venez donc passer une semaine à la maison pour l’occasion. »
Là je me dis : « (Romain, soit franc et honnête, tant pis s’il se vexe) » et je fais preuve d’un courage admirable : « Ha ben, OK, bonne idée. »

Voilà comment je me suis retrouvé à Trégastel en cette fin février, moi, ma petite famille et mes vilains a priori sur la Bretagne. Et cette fichue région a pris un malin plaisir à me faire mentir sur toute la ligne : grand soleil presque tous les jours, paysages grandioses et hyper variés, contacts chaleureux avec les habitants, entrainement très sympa avec le club local. Je me suis même payé le luxe d’une petite baignade, courte mais revigorante.

Le jour de la course la météo est un peu moins souriante, avec quelques gouttes et un bon vent de sud-ouest à 70km/h. Pas de quoi effrayer les gens du coin, et notamment les 3 meilleurs qui partent sur un train d’enfer et que je ne reverrai que pour le podium. On commence par contourner la baie en passant sur l’estran (je vous épargne une recherche Google : l’estran c’est la partie de la côte découverte à marée basse), constitué de sable grossier et assez compact. On a le vent dans le dos, tout va bien. Ensuite on fait le tour de la presqu’île dite Renote, et sur le retour commence la partie avec le zéph en pleine poire ! Ça rigole moins dans les rangs ! Surtout qu’on enchaine sur 5km, toujours plein vent, des chemins de douaniers escarpés, de sévères grimpettes dans les dunes ou dans les rochers, et d’interminables parties sur la plage, où je passe mon temps à zigzaguer dans l’espoir toujours déçu de trouver des zones un peu moins moles. Les derniers kilomètres sont moins difficiles car le vent est de nouveau favorable. Mais à 500m de la fin on change encore de cap et j’ai tout à coup l’impression de faire des essais en soufflerie ; je crois bien que j’ai même reculé à un moment.
Je termine le parcours de 14.2km en un peu moins d’1h02, avec une honorable 16ème place.
L’après-midi je suis retourné en famille sur le parcours, pour profiter du paysage incroyable que je n’avais pas pris le temps d’admirer en courant.

Ami lecteur, si comme moi tu es casanier, râleur et plein de préjugés sur la Bretagne, réserve donc le premier week-end de mars l’an prochain pour aller saluer mon tonton Michel (et ma tata Mireille) à Trégastel, et faire honneur à sa très belle course au milieu des gigantesques blocs de granit rose.

Kenavo !  »
Bravo Romain 👍