Nous vous proposons aujourd’hui l’interview de Jérémy Quindos, triathlète élite spécialiste du courte distance. Sympathique et déterminé,  il a su au fil des années s’imposer comme l’un des piliers du club de Poissy triathlon en s’offrant au passage un palmarès impressionnant. Auteur d’un début de saison incroyable, il cumule déjà deux titres en cross (Yvelines et Ile de France), un sub30 sur 10km et une 3e place lors du championnat de France élite de duathlon. En se classant 7e en individuel ce dimanche sur le Grand Prix de triathlon à Valence, Jérémy confirme qu’il sera à coup sur l’un des triathlètes français à suivre cette année !

1) Bonjour Jérémy, comment as-tu découvert le triathlon ?

Bonjour au TCA ! J’ai découvert le triathlon par l’intermédiaire de mon entraîneur de natation de l’époque, Stéphane Bougouin, qui nous avait proposé à plusieurs nageurs dont moi, de faire le triathlon découverte du Stade Français en 2007 il me semble. J’avais beaucoup aimé.

2) Comment se sont passés tes débuts ?

Je m’y suis mis un peu par hasard à 17ans en m’incrustant dans les créneaux natation du Poissy Tri pendant l’été 2008 car le club de natation était « en vacances ». Puis je trouvais qu’il y avait une bonne ambiance dans le groupe donc je me suis incrusté à quelques footings avant de prendre une licence (fini l’incruste!) en vue du Triathlon de Sartrouville à la rentrée. Beaucoup d’erreurs de débutant mais une course très encourageante. Je me suis ensuite entraîné dans les 3 sports en vue des championnats de France juniors 2009.

3) A partir de quand as-tu décidé que tu voulais être un triathlète de haut-niveau ?

Faire du Haut-Niveau, ça n’a pas été un déclic en soi. J’ai découvert et participé au fil des saisons à des compétitions « prestigieuses » comme des championnats de France (ce qui ne m’était arrivé dans aucun autre sport que j’avais pratiqué) ou encore des Grand Prix ou courses à l’international. Chaque année qui passait, j’en voulais davantage.

(NDLR : découvrez le palmarès de Jérémy sur son site : Cliquez ici)

4) Aujourd’hui quels sont tes points forts et points faibles dans ce sport ?

Mon point fort c’est ma volonté de performer au plus haut niveau je dirais, et je suis plutôt homogène dans les trois disciplines. J’ai beaucoup de petits points faibles et la liste est longue, mais j’essaye d’en faire des points forts au quotidien !

5) Peux-tu nous parler de ton environnement sportif ?

Je suis né, j’ai grandi et je vis à Poissy. C’est donc naturellement que j’évolue au club du Poissy Triathlon sous les conseils de Grégory Rouault. Depuis cette saison, nous avons un groupe d’entraînement sympathique avec Aurélien Jem qui nous a rejoint Tom Richard et moi, ainsi que Gwen Millot (formé au TCA) qui progresse bien depuis son retour de Norvège. D’autres athlètes comme Sam Laidlow viennent se greffer au groupe quand ils en ont l’occasion. La bonne ambiance et notre projet de performance sont les moteurs de notre groupe.

6) Tu as débuté ta saison par d’incroyables performances en course à pied (titres en cross et un joli 29min54 au 10km d’Aubergenville). On imagine que tu es heureux de ces résultats ?

Oui, j’adore les cross et le dépassement de soi qu’on va chercher sur ces courses de guerriers. Gagner le titre régional (IDF Ouest) a été une belle surprise mais j’ai travaillé dur, c’est une belle rançon. Ensuite, mon sub30 sur 10km m’a propulsé sur un petit nuage, je ne m’attendais pas à faire aussi bien.

7) Que t’apporte ces compétitions course à pied dans ta préparation triathlon ?

Mettre des dossards l’hiver c’est presque une nécessité pour moi. Je pose le cerveau durant cette période difficile et je ne pense qu’à faire ce qui est planifié, c’est difficile. Heureusement ces courses me permettent d’avoir une motivation à court terme, car on s’entraîne réellement pour des courses « estivales ».

8) Tu as ensuite réalisé en avril dernier un podium aux championnats de France de duathlon, cette course était-elle un objectif et est-ce que ton classement t’a surpris ?

Au début, je ne voulais pas y aller car j’avais pour projet de courir seulement sur le circuit international avant les Grands Prix. Mon coach a insisté pour « clôturer le cycle hivernal », je m’y suis donc inscrit sans grandes ambitions.

Mais plus la course approchait, plus j’étais excité à l’idée de courir un championnat avec les meilleurs Français de la discipline. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à dormir la nuit précédant la course tellement j’avais hâte, mais ça ne m’a pas empêché d’être en pleine possession de mes moyens et aller chercher un podium à ma plus grande surprise.

9) Demain aura lieu le grand prix de Valence, et tu seras l’un des favoris de la course. Comment abordes-tu l’épreuve ?

L’équipe sera favorite, moi loin de là. Le but est d’aller chercher un beau résultat individuel sans compromettre le résultat d’équipe (très stratégiques ces Grands Prix). Je suis dans le doute sur ma capacité de ne pas « subir » la course, j’espère m’y rassurer.

(NDLR : Jérémy se classe 7e en individuel et remporte la course par équipe avec Poissy Triathlon. Résumé sur Triathlète Magazine : Cliquez ici)

10) Quels seront tes objectifs pour la suite de la saison ?

Aider mon club à remporter des titres me semble être le principal. Ensuite j’espère grimper au ranking mondial en performant sur des coupes continentales en vue d’accéder aux coupes du monde.

11) Peux-tu nous parler de ton parcours scolaire et professionnel ?

J’ai commencé le triathlon pendant ma Terminale S donc mon projet scolaire était déjà « tracé » et c’était la priorité. Une fois mon Bac en poche, j’ai passé 5 années à l’ECE Paris (école d’ingénieurs) pour décrocher mon diplôme et me faire embaucher derrière par une grosse entreprise de services dans l’informatique.

12) Tu as récemment fait le choix de te consacrer pleinement au triathlon et de mettre de côté ton travail. Pourquoi avoir fait ce choix et est-ce que ça a été une décision facile à prendre ?

J’ai travaillé 3ans, tout en voulant progresser en triathlon. Arrivé à un certain niveau, c’est utopique de pouvoir concilier les deux. L’an dernier, j’ai eu une très mauvaise expérience professionnelle (en réalité plusieurs qui se sont superposées au fur et à mesure). Au bout d’un moment, quand tu n’as plus envie de te lever le matin, c’est qu’il faut changer des choses dans ta vie. Ce fut une décision difficile, ma famille ne m’a pas trop soutenu au début. Sortir du « moule conventionnel » que la société a prévu pour nous, c’est sujet à beaucoup de critiques.

13) Est-ce que tu as des partenaires et sponsors pour t’accompagner dans ce projet ?

Mon club m’accompagne et me soutient depuis maintenant 10ans, mon père m’aide également beaucoup dans mon quotidien. Je sais que je vais devoir trouver des sponsors/mécènes pour pouvoir passer au niveau supérieur, car je suis ambitieux mais je n’ai plus 18ans donc je ne suis dans aucun projet fédéral de développement, même si je me considère tout jeune dans ma pratique à « haut niveau » ;-).

14) Comment te vois-tu dans 10 ans ?

J’ai déjà du mal à me projeter quelques mois en avant donc là c’est une colle ! La vie est faite de surprises et d’opportunités, à moi de saisir les bonnes opportunités sans tomber sur de mauvaises surprises !

15) Pour conclure, que dirais-tu à un ou une jeune qui souhaite performer à haut-niveau ?

Les clés pour moi sont d’être bien entouré, savoir se remettre en question et se dire que c’est un métier comme un autre donc la rigueur est de mise.

Question bonus : à quand remontes ton dernier 2000m pap en plaquettes et donut’s ?

A jamais ! J’étais une teigne quand j’étais plus jeune et que je nageais avec Stéphane Bougouin. Il m’en a sorti des punitions, comme un 2000 papillon (un 1000 le lendemain aussi) ou encore 1h non stop en plaquettes/donut/Tshirt, mais pas les deux combinés sinon j’y serais encore 😉

-Ta devise : Ne jamais remettre à demain ce que tu peux manger tout de suite.

-Ton entrainement favori : Un qui te laisse le sourire jusqu’aux oreilles quand tu as terminé une séance que tu pensais infaisable.

-L’entrainement que tu détestes : Sortie vélo quand il y a le combo de la loose : Froid-Vent-Pluie.

-Ta compétition favorite : J’adore les cross bien boueux avec des parcours difficiles, des chantiers quoi !

-Ton meilleur souvenir sportif : J’en ai plein, mais les titres collectifs ont meilleur goût je pense (Relais aux championnats d’Europe des clubs, championnats de France des ligues, Coupe de France etc…)

-Ton pire souvenir sportif : Je sors en tête de la T1 sur la coupe d’Europe de Melilla (2017) et me retrouve dans l’échappée avec une poignée d’athlètes renommés. Je crève au bout de 2km quand on commence à s’organiser. J’étais certainement le seul à avoir une bombe anti-crevaison, je m’en sers mais elle ne fait pas l’affaire (même histoire en 2016 à Madrid).

-Ton sportif et ta sportive favori : Les légendes comme Teddy Riner ou Usain Bolt.

-Ton/Ta triathlète favori : Javier Gomez/Flora Duffy

-Ton film préféré : Aucun en particulier, ceux d’humour en général.

-Ton album favori : J’écoute des musiques en vrac, de tout genre.

-Ton livre préféré : Le manga « Hajime No Ippo », l’histoire d’un jeune qui découvre la boxe, qui progresse et devient pro. Je trouve beaucoup de similitudes au triathlon dans l’approche, et il y a pas mal de passages humoristiques.

-Ton plat favori : Mango Sticky Rice, plat thaïlandais.

-Ton sport favori (autre que triathlon !) : Le demi-fond en athlétisme.

Merci Jérémy😊

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